Peu présents dans les médias, les porteurs du Surf park de Saint-Père-en-Retz le présentent aujourd’hui en détail. Un important investissement de 15 millions d’euros.

« Serait-il possible de se rencontrer ? Jusqu’ici on n’a pas trop souhaité parler mais là, il nous paraît important de rétablir les faits » , annonce Stéphane Bouchonneau au téléphone. Lorsque cet orthodontiste nantais a lancé l’idée d’un surf camp avec son neveu, en 2014, ils n’imaginaient pas une seconde qu’ils seraient confrontés à une telle opposition. Le projet : créer un bassin doté d’une vague artificielle pour pouvoir pratiquer le surf en toute saison, avec des niveaux de difficultés choisis selon le niveau des pratiquants. Tarif pour une heure de pratique : entre 35 € et 45 €.

Un projet contesté

Depuis décembre, le collectif Terres communes dénonce ce projet, accompagné par une association d’habitants défavorables à son installation. « On savait qu’il y aurait des gens contre le projet, c’est tout à fait légitime. Mais là, ce qui nous gêne, c’est l’impossibilité d’échanger avec le collectif Terres communes. »

Aujourd’hui, une trentaine de personnes (architectes, paysagistes, etc.) sont impliquées dans le projet de Bergerie surf camp prévu à Saint-Père-en-Retz. Les trois porteurs sont Stéphane Bouchonneau et son neveu, Alexandre, ainsi que Thibaut Coutansais, Nazairien, chargé de projet pour des bases de loisirs. Leur point commun : la passion des sports nautiques. Derrière ces têtes pensantes, plusieurs investisseurs, des chefs d’entreprise à la retraite ou en activité, implantés dans la région. Le coût prévisionnel du projet : 15 millions d’euros.

« C’est faux ! »

Dans un tract publié en décembre, Terres communes dénonçait « la bétonisation de plus de 10 ha de terres agricoles ». « C’est faux, s’exclame Stéphane Bouchonneau. Il n’y a que 30 % de la surface du bassin (17 000 m² au total), qui sera bétonné, le reste du bassin est en liner, posé sur un sol terrassé. Pour le parking et l’espace camping-car, ce sera un sol en terre et graviers, pas en goudron. »

Il évoque même un projet écoresponsable. Avec 4 ha sur les huit en pâturages, des moutons pour entretenir les pelouses et des bâtiments sur pilotis pour éviter l’empreinte au sol. « Son emplacement près du bourg évite également la construction de routes ou giratoires d’accès » , ajoute Stéphane Bouchonneau.

« Une adhésion de la population »

L’emprise globale du projet est de 8 ha, dont six sont aujourd’hui cultivés par un agriculteur. Ce dernier s’est vu attribuer d’autres terres dans la commune. Le terrain doit être acheté par la société gérant le surf camp dans les prochaines semaines. « Dès le départ, il y a eu une adhésion massive de la population de Saint-Père-en-Retz, assure Stéphane Bouchonneau. Y compris les agriculteurs et notamment l’exploitant de la parcelle, rencontré très en amont du projet. »

Alors que le surf doit devenir une discipline olympique en 2020, la Fédération se réjouit aussi du projet, tout comme la Société nationale de sauvetages en mer (SNSM) qui voit le lieu comme « un formidable outil pour l’entraînement de nos équipes » selon leur directeur, Didier Moreau.

Vingt emplois à l’année

Pour ses opposants, ce bassin sera très gourmand en eau. Terres communes a avancé le chiffre de 25 millions de litres consommés. En réalité, selon les créateurs, il s’agit de 11 millions de litres, avec 10 % de ce volume à renouveler tous les mois en raison de l’évaporation. « De l’eau potable, du réseau, qui ne provient pas de la nappe » , précise Stéphane Bouchonneau. Concernant le volet économique, vingt emplois seront créés à l’année, jusqu’à quarante équivalents temps plein l’été.

Contrairement au surf park de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), où la vague est statique, à Saint-Père-en-Retz, elle devrait être en rouleau, un système qui se veut plus proche des sensations en mer. « C’est aussi le moins énergivore des systèmes connus avec une consommation d’1 kW par vague en moyenne. Avec cette technologie et en produisant une partie de notre propre énergie, via le photovoltaïque, le but est de limiter la consommation au minimum. Pour l’Agence régionale de santé, le surf camp a une empreinte écologique proche de zéro. »

ZAD en prévision

Afin de compenser la perte agricole liée au projet, des terres appartenant à la famille de Stéphane Bouchonneau vont être remises en état, soit pour être utilisées en agriculture, soit laissées en zone humide. « À Saint-Père-en-Retz, à ma connaissance, il reste 100 ha de terres agricoles en friche. De quoi y construire des projets alternatifs. »

En attendant, des opposants à la Bergerie surf camp prévoient d’envahir le terrain le 20 juillet prochain, afin d’y créer une Zone à défendre (ZAD). Haussement d’épaules de Stéphane Bouchonneau. « Que voulez-vous ? Ce qui nous renforce c’est de savoir que beaucoup de monde est derrière notre projet. On n’a pas envie d’abandonner. »

Début des travaux espéré en 2020, pour une ouverture programmée en 2022.

Source de l’article : Ouest France